Libérée délivrée l’organisation 2018 ?

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Plus gros succès de tous les temps pour un film d’animation, la reine des neiges et le monde de l’entreprise ne seraient finalement pas si éloignés. Triomphe planétaire, le dessin animé nous décrit comment le changement engendre un nécessaire réalignement des postures et des comportements.

Petit résumé pour ceux qui n’auraient pas d’enfant dans leur entourage ou qui auraient vécu dans une grotte pendant ces 5 dernières années… Quand le royaume depuis longtemps fermé ouvre ses portes à l’inconnu, l’ordre établi se voit bouleversé. Le système rigide mis en place par Elsa, la future Reine, pour faire vivre au mieux sa sœur Anna et ses sujets, vole en éclat. Elsa rejette alors en bloc sa vie passée (le passé est passé, libérée, délivrée…) et remet en cause les choix de sa sœur et sa vie avec elle. Elle décide de l’abandonner et de recommencer ailleurs sa vie, quitte à mettre celle d’Anna en danger… Quelques péripéties plus tard, Elsa prend conscience de l’importance de sa sœur à ses yeux mais aussi dans la vie du royaume et décide de venir la sauver… venant ainsi ramener la paix et modifier largement les modes relationnels alors en place.

Et l’entreprise libérée dans tout ça ? Définie par Isaac Getz comme « une forme organisationnelle dans laquelle les salariés sont totalement libres et responsables dans les actions qu’ils jugent bon — eux et non leur patron — d’entreprendre », elle est régulièrement caricaturée comme un modèle d’entreprise où le manager n’aurait plus sa place, où l’entreprise pourrait s’affranchir de sa culture et de son modèle managérial existant pour faire face aux transformations que lui imposent un contexte complexe, une nécessaire recherche d’innovation et des profils de collaborateurs qui évoluent.
Tels Anna, désignée responsable par sa sœur de la mauvaise posture dans laquelle elle se trouve, les managers, rouages de l’entreprise, sont régulièrement pointés du doigt. L’organisation tenterait-elle de se réinventer sans ses managers ? Le point ici n’est pas d’être pour ou contre le concept assez médiatique d’entreprise libérée mais d’identifier avec cette histoire pour enfant qu’il n’est pas forcément nécessaire de tout rejeter pour se renouveler. La qualité de vie au travail, l’engagement, l’agilité… ne sont pas la résultante de modèles types ou d’idéologie managériale mais bien la résultante de la vision et des valeurs de l’organisation, le plus souvent portées et relayées en interne par ses managers.

La véritable « libération » de l’entreprise ne serait-elle alors pas plus relative à sa capacité à se remettre en question dans son intégralité : du codir aux collaborateurs de terrain ? Délivrer son organisation pour lui permettre de répondre aux attentes du marché ne revient-il pas à s’appuyer sur ses forces internes en repensant les modes de communication et les processus ?

Ainsi le véritable enjeu pour 2018 n’est pas tant de délivrer l’entreprise de ses managers mais plutôt de la faire évoluer pour la libérer de ses propres carcans et systématismes. Le vrai changement est ici celui de la confiance et de la possibilité que l’on donnera aux managers d’innover, de communiquer, de jouer un vrai rôle pour faciliter la collaboration et la circulation de l’information.
Comme si s’affranchir de sa culture revenait finalement à la faire évoluer sans s’en séparer.
Comme si faire confiance aux forces en présence et leur donner la possibilité d’exprimer leur potentiel devenait la plus grande source de performance de l’entreprise… Et ici nul besoin de baguette magique ou de conte de fées…

NB : Meltis et Panorhama.fr déclinent toute responsabilité pour la chanson que vous aurez à présent dans la tête et que vous chanterez à tue-tête dans votre bureau ou votre open-space…

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