Management : faut-il vraiment sortir de sa zone de confort ?

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« Sortir de sa zone de confort », « se challenger« , « no pain, no gain » : autant d’expressions empruntées au vocabulaire sportif que l’on entend souvent dans les start’ups. Ce culte de la performance est-il compatible avec la qualité de vie au travail (QVT) ? En effet, si la compétition était une valeur forte dans les années 90, la nouvelle génération de professionnels aspire aujourd’hui à un meilleur équilibre carrière professionnelle/convictions personnelles. Le bon conseil à donner serait donc plutôt de « cultiver sa zone de confort » pour mieux se recentrer et ainsi garder l’esprit clair et ouvert à l’innovation.

La  »zone de confort », concept théorisé dès 1908

La zone de confort désigne un environnement familier (agréable ou non) que l’on maîtrise sur le bout des doigts :
• Habitudes quotidiennes (bonnes et mauvaises)
• Compétences acquises lors des études
• Croyances et valeurs inculquées par l’éducation

Nuance importante : ce qui est confortable n’est pas forcément bon pour nous. Pour preuve ces individus qui s’accommodent des maltraitances psychiques ou physiques. Pourquoi n’osent-ils pas s’en délivrer ? Souvent parce qu’ils ne connaissent que ce schéma. Sortir de sa routine, quelle qu’elle soit, demande un effort qui peut paraître considérable, mais est néanmoins nécessaire pour progresser.

C’est au début du 20e siècle que Robert M. Yerkes et John D. Dodson (1908) théorisent la notion de « comfort zone ». Pour ces psychologues : « L’anxiété améliore les performances jusqu’à un certain seuil estimé optimal. Au-delà, cet effet se détériore à mesure que des niveaux plus élevés d’anxiété sont atteints. »

Facile = De moindre valeur ?

« Sortir de sa zone de confort » serait donc générateur d’un stress positif (bel oxymore ! ), autrement dit, de signe de courage. C’est en tout cas devenu une expression galvaudée, scandée par de nombreux gourous du développement personnel. Souvent utilisé à mauvais escient dans les entreprises, ce slogan a surtout pour effet délétère de culpabiliser les collaborateurs. En effet, l’inverse (se contenter de faire ce qui nous paraît simple) serait une preuve de paresse. En témoigne l’expression : « se laisser aller à la facilité », souvent connotée péjorativement. Ce genre de mésusage lexical ouvre grand la porte au management toxique. »

Zone de confort = Espace ressource

Pourtant, c’est bien de la répétition que naît la confiance en soi. Faire ce que l’on connaît le mieux permet de capitaliser sur son bien-être. Objectif : constituer une réserve de confiance où l’on pourra puiser en cas de difficulté. En tant que cadre, vous avez tout intérêt à encourager vos collaborateurs à « cultiver leur jardin personnel », à la fois pour stimuler leur créativité et mais aussi pour être plus fort face au changement. Les jeunes générations sont plus que jamais en quête de sens dans leur travail. Dans une société où règne la compétition à outrance, accomplir des tâches utiles rassure plus que d’atteindre des objectifs chiffrés sans cesse à la hausse. Pour progresser plus sûrement, mieux vaut donc prendre le temps de consolider chaque étape avant de passer à l’étape suivante. C’est lors de cette phase de consolidation, lorsque l’esprit est soulagé de la charge cognitive d’apprentissage, que peuvent naître les idées innovantes.

Accepter que l’inconnu est forcément incertain

Cette fameuse « comfort zone » se distingue de :
• la zone d’apprentissage : lors de laquelle on expérimente de nouvelles choses
• la zone de panique : quand l’inconnu est perçu comme dangereux
• la zone dite magique : quand l’inconnu est perçu comme espace de tous les possibles

« Sortir de sa zone de confort », c’est avant tout accepter d’être vulnérable (phase d’apprentissage) et se rendre compte qu’il n’y a aucun risque ni conséquence grave à cela.

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